La Microkinésithérapie peut-elle être un don ? Microkinésithérapie et action humanitaire

"La Microkinésithérapie peut-elle être un don ? Microkinésithérapie et action humanitaire" de Jean-Yves VANCON par Christian Devallière

La microkinésithérapie peut-elle être donnée ? Peut on proposer des soins à des malades ou dispenser une formation de microkinésithérapie à des thérapeutes sans contrepartie de leur part ?

Cette question de la gratuité des soins n’est pas spécifique à la microkinésithérapie. Depuis tout temps, c’est une question centrale dans la démarche des soins.

Peut-on comparer l’action d’un thérapeute intégré dans un groupe social qui prodigue des soins à tous et qui en échange détient un statut d’autorité moral au sein de cette société, et l’action d’intervenants extérieurs qui offrent une aide ponctuelle avec le risque bien réel d’infantiliser ces sociétés ? J’aurai tendance à me méfier de ces actions humanitaires qui apportent le bien, sans même quelquefois demander l’avis des populations concernées, et qui ne font que donner bonne conscience à ceux qui l’apportent voire à masquer des intentions moins avouables. L’action altruiste existe-t-elle ? En tout cas, on la retrouve dans le monde végétal chez certaines essences d’arbres.

Donner, certes, mais ne pas imposer semble la meilleure garantie afin d’éviter le piège du don égotique.

En ce qui concerne la gratuité des formations, il a été démontré qu’il semble indispensable de demander une contrepartie financière dans la mesure des moyens de la personne ou du moins une contre partie symbolique pour s’assurer d’un réel engagement de sa part.

Il ne faut pas perdre de vue que la microkinésithérapie est un échange entre deux individus. Il ne faut pas vouloir donner à tout prix, il faut garder en tête surtout le fait d’échanger.